Est-il dangereux d’aller à Dar es Salaam ?
Dar es Salaam ne fait l'objet d'aucune déconseillance de voyage. Selon les conseils aux voyageurs du ministère français de l'Europe et des Affaires étrangères, mis à jour le 13 juillet 2026, la ville est classée en vigilance renforcée, comme la…
Dar es Salaam ne fait l’objet d’aucune déconseillance de voyage. Selon les conseils aux voyageurs du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, mis à jour le 13 juillet 2026, la ville est classée en vigilance renforcée, comme la plus grande partie de la Tanzanie. Le risque documenté pour un voyageur y est d’abord la délinquance d’opportunité dans certains quartiers et à certaines heures, et, pour les blessures graves, la route.
Cette fiche fait partie de notre dossier sur les dangers réels du voyage en Afrique. Elle ne remplace pas la lecture du conseil officiel de votre pays avant le départ.
Ce que dit la vigilance officielle, et ce qu’elle ne dit pas

Selon les conseils aux voyageurs français, au 13 juillet 2026, Dar es Salaam et Zanzibar sont en zone jaune, c’est-à-dire vigilance renforcée. La seule zone formellement déconseillée du pays se situe à l’extrême sud-est, le long de la frontière avec la province mozambicaine de Cabo Delgado : la bande frontalière et la région de Mtwara, les régions voisines de Lindi et Ruvuma étant déconseillées sauf raison impérative. Elle se trouve à plusieurs centaines de kilomètres au sud de Dar es Salaam et ne concerne pas un séjour urbain ou un transit vers Zanzibar.
Le Foreign, Commonwealth and Development Office britannique, page consultée le 20 août 2026, déconseille lui aussi tout voyage non essentiel dans une bande d’environ 20 kilomètres le long de cette même frontière, et laisse le reste du pays hors restriction. Les deux administrations convergent sur ce point.
Il faut comprendre ce qu’un tel classement mesure. Une vigilance officielle est territoriale : elle colore une zone entière, du centre d’affaires au village de pêcheurs, avec la même teinte. Elle n’est pas situationnelle. Elle ne dit pas si un trajet de nuit est plus exposé qu’un trajet de jour, ni si un quartier se comporte différemment à 9 heures et à 21 heures.
Or c’est exactement là que se joue le risque d’un voyageur. Une carte jaune n’est donc pas une note de danger : c’est un cadre, à l’intérieur duquel les écarts d’une rue à l’autre et d’une heure à l’autre sont plus importants que la couleur elle-même.
Ce qui est réellement à risque
Le centre-ville
Selon le FCDO britannique, consulté le 20 août 2026, des voyageurs ont été pris pour cible dans le centre de Dar es Salaam. Le vol avec violence, le vol à l’arraché et le cambriolage y sont signalés. Les conseils français, au 13 juillet 2026, mentionnent une hausse des vols de téléphones. La configuration est classique d’une grande métropole : la densité, les embouteillages et l’exposition d’objets de valeur créent l’occasion.
Kariakoo
Kariakoo est le grand marché populaire de la ville. Les sources officielles le citent parmi les lieux très fréquentés où la vigilance doit être maximale, au même titre que les gares routières et les terminaux de ferry.
Le risque y est celui du vol à la tire et de l’arraché, pas celui de l’agression armée ciblée. Nous n’avons pas trouvé de statistique publique récente et fiable propre à ce quartier ; nous ne lui en attribuons donc pas.
Masaki, Oysterbay et le front de mer
Selon le FCDO, consulté le 20 août 2026, des voyageurs ont été visés dans la péninsule de Masaki et d’Oysterbay, en particulier à Coco Beach et le long de Toure Drive. C’est un point contre-intuitif : ce sont les quartiers résidentiels et diplomatiques, réputés les plus calmes, qui concentrent une partie des signalements.
L’explication tenue par les deux administrations est la même : la marche isolée, en particulier sur les plages et après la tombée de la nuit. Les conseils français recommandent explicitement d’éviter de marcher dans les endroits isolés, notamment sur les plages de Dar es Salaam et de ses environs, et d’éviter de marcher de nuit.
Les trajets et les horaires
Le facteur le plus discriminant n’est pas le quartier mais l’heure et le mode de déplacement. Les deux sources convergent sur la nuit comme moment d’exposition. Les conseils français, au 13 juillet 2026, signalent en outre le risque lié aux taxis non officiels : des victimes ont été contraintes de retirer de l’argent à plusieurs distributeurs successifs.
Le FCDO décrit le même schéma sous le nom d’express kidnapping : des voyageurs agressés, dépouillés, puis forcés sous la menace à retirer des espèces, certains ayant dû organiser des transferts d’argent pouvant atteindre 5 000 livres sterling.
Le transport depuis l’aéroport Julius-Nyerere
C’est le moment où un voyageur cumule tous les facteurs d’exposition : fatigue, bagages visibles, méconnaissance des tarifs, et souvent une arrivée en soirée. Aucune source officielle ne signale l’aéroport lui-même comme un point noir.
Le risque décrit porte sur le trajet, et il rejoint directement l’avertissement sur les taxis non officiels. Un transfert réservé à l’avance auprès de l’hébergement, ou une course commandée depuis un comptoir identifié à l’intérieur du terminal, retire l’essentiel de cette exposition.
La traversée vers Zanzibar
Le ferry est le sujet sur lequel les sources sont les plus directes. Le FCDO, consulté le 20 août 2026, rappelle que plusieurs naufrages sont survenus ces dernières années sur les liaisons entre Dar es Salaam et Zanzibar et entre les îles, avec des centaines de morts.
Les conseils français appellent à la plus grande prudence sur les ferries, souvent surchargés, et estiment que seules les navettes régulières assurées par catamarans de dernière génération des compagnies AZAM et ZAN-FAST entre Dar es Salaam et Stone Town offrent des conditions de sécurité satisfaisantes. C’est une des rares recommandations officielles à nommer des opérateurs.
Sur les vols intérieurs, les conseils français indiquent, au 13 juillet 2026, que l’ensemble des compagnies tanzaniennes figure sur la liste des transporteurs interdits d’exploitation dans l’espace aérien européen, en raison de doutes sur l’autorité de surveillance nationale, et recommandent de se renseigner auprès de son agence avant de réserver un vol local.
Cette interdiction porte sur la supervision réglementaire ; elle ne se traduit pas mécaniquement par un accident. Elle justifie en revanche de ne pas choisir un transporteur au hasard.
Ce qui ne l’est pas
Plusieurs craintes courantes ne sont pas soutenues par les sources officielles.
Le terrorisme d’abord. Les conseils français décrivent une menace avérée dans plusieurs États voisins et à la frontière mozambicaine, et considèrent la Tanzanie comme une cible potentielle du fait de la porosité des frontières. C’est un cadre de vigilance, pas la description d’une campagne d’attentats à Dar es Salaam. Aucune des deux administrations ne restreint le déplacement dans la ville pour ce motif.
Ensuite, l’idée que la ville serait dangereuse en continu. Ce que décrivent les sources, ce sont des situations : la marche isolée, la nuit, la plage déserte, le taxi non identifié, le distributeur pris seul. La journée, dans les axes fréquentés, en déplacement organisé, aucun avertissement spécifique ne s’applique.
Enfin, la crainte d’un environnement sanitaire ingérable. Les conseils français signalent une dengue présente et en progression ces dernières années, notamment dans la région de Dar es Salaam, et le paludisme concerne la Tanzanie continentale comme Zanzibar.
Ce sont des risques qui se préparent avant le départ, pas des raisons de renoncer : nous détaillons les vaccins et traitements attendus dans notre fiche vaccins, et les précautions propres à la grossesse dans notre fiche voyage enceinte, la Tanzanie et Zanzibar y étant traitées.
Le risque routier, celui que tout le monde sous-estime
C’est statistiquement le point le plus important de cette fiche, et le moins craint. Selon les conseils aux voyageurs français, au 13 juillet 2026, la Tanzanie se situe au sixième rang mondial pour la mortalité routière. La même source décrit un réseau mal entretenu, une signalisation insuffisante, des comportements de conduite dangereux et la présence d’animaux sur les chaussées.
La conduite de nuit hors agglomération y est formellement déconseillée, et l’avion recommandé pour les longues distances. Le FCDO britannique décrit les mêmes causes et indique que les accidents mortels ou avec blessures graves sont fréquents.
Autrement dit : la probabilité qu’un séjour tourne mal tient bien davantage à un trajet routier de nuit sur une longue distance qu’à un vol de téléphone au marché. C’est aussi le risque le plus facile à réduire, parce qu’il dépend de décisions que le voyageur prend lui-même.
Précautions concrètes
- Réservez le transfert depuis l’aéroport Julius-Nyerere à l’avance, ou prenez une course commandée depuis un comptoir identifié. Évitez les taxis non officiels, en particulier le soir.
- Ne marchez pas de nuit, et pas seul sur les plages ou les portions isolées du front de mer, y compris à Masaki, Oysterbay et Coco Beach.
- Retirez de l’argent en journée, dans un distributeur situé à l’intérieur d’une banque ou d’un centre commercial, jamais en fin de soirée et jamais accompagné d’un inconnu.
- À Kariakoo, dans les gares routières et aux terminaux de ferry, gardez le téléphone rangé et le sac fermé devant vous.
- Pour Zanzibar, privilégiez les catamarans réguliers nommés par les conseils français, et renoncez à embarquer sur un bateau visiblement surchargé.
- Pour un vol intérieur, vérifiez l’opérateur auprès de votre agence plutôt que de réserver le premier tarif venu.
- Évitez les longs trajets routiers de nuit hors agglomération. Sur les longues distances, l’avion est la recommandation officielle.
- Souscrivez une assurance couvrant le rapatriement sanitaire et vérifiez qu’elle ne comporte pas d’exclusion liée à une zone déconseillée.
- Relisez le conseil aux voyageurs de votre pays dans les jours qui précèdent le départ : c’est la source qui fait foi, et elle change.
En cas de problème sur place
Appelez les numéros d’urgence locaux — ils figurent dans la rubrique « Numéros utiles » de la fiche pays du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères : notez-les avant le départ. Prévenez le service d’assistance de votre assurance avant d’engager des frais médicaux. En cas d’agression, mettez-vous en sécurité, déposez plainte localement et contactez l’ambassade ou le consulat de votre pays, dont vous aurez enregistré les coordonnées à l’avance. Avant le départ, inscrivez votre séjour sur Fil d’Ariane pour recevoir les alertes des autorités françaises.
Sources
- Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, Conseils aux voyageurs – Tanzanie, Sécurité, mise à jour du 13 juillet 2026.
- Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, Conseils aux voyageurs – Tanzanie, Santé, consulté le 20 août 2026.
- Foreign, Commonwealth and Development Office (Royaume-Uni), Tanzania travel advice – Safety and security et Regional risks, consultés le 20 août 2026. La page ne portait pas de date de mise à jour lisible au moment de la consultation.
Les deux administrations ne formulent pas leurs avertissements de la même manière : la source britannique nomme des lieux précis de Dar es Salaam, la source française raisonne davantage par type de situation. Nous avons cité chacune pour ce qu’elle documente, sans les fondre en une moyenne.
Vérifié le 20 août 2026. Comment nous travaillons.
La rédaction
Pour aller plus loin
Écrit par
Maxence Lepage
Maxence explore les aventures en Tanzanie, mettant en lumière la faune et la flore uniques. Il croise différentes sources pour garantir l'exactitude des contenus qu'il rédige, tout en restant fidèle aux expériences des voyageurs.
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